Émission nordique 2012. Date d'émission: 21.03.2012. Valeur: 2 x 10,50 DKK. Nummur: FO 731-32
Format, timbre: 29,5 x 38,50 mm. Format, block-feuillet: 105 x 70 mm. Design: Edward Fuglø
Technique d'impression: offset Imprimerie: OeSD, Austriche . Usage postal: Petites lettres á l'Europe 0-50 gr
La mer est le lieu de travail le plus dangereux au monde, nous le savons tous.
Les pays les plus dépendants de la mer sont évidemment les plus touchés, et parmi eux, les Îles Féroé.
Le plus grand désastre maritime connu aux Îles Féroé est celui qui est survenu vers l’an 1600. Un vent soudain et violent du nord-est balaya quelques 50 bateaux qui ne sont jamais revenus. Selon les estimations, 200 à 300 pêcheurs périrent, notamment ceux dans de petites barques qui furent par la suite interdites. Cette première grande catastrophe déclencha la toute première initiative connue pour faire de la mer un lieu de travail plus sécurisé. Mais les accidents se succédèrent malgré tout inlassablement, entrainant la perte de nombreuses vies. Nous ne disposons pas de statistiques précises de ces temps éloignés, mais les victimes se comptent par milliers, ce qui n’est pas sans conséquences pour une aussi petite communauté que la nôtre.
La première moitié du siècle dernier nous a aussi arraché beaucoup de vies de marins. A plusieurs reprises, ce sont même des équipages entiers, avec jusqu’à 23 hommes, qui ont disparu d’un seul coup.
De cette époque datent aussi des récits incroyables de sauvetages en mer. Par exemple quand la goélette « Ernestine » heurta un écueil pendant une tempête de neige en 1930 près des côtes de l’Islande du sud. Un marin, Ziska Jacobsen, nagea jusqu’à la terre ferme dans les pires conditions imaginables en emmenant un cordage et sauva ainsi 17 des 26 membres de l’équipage.
Il fallut pourtant encore un accident grave pour que l’initiative d’instaurer un véritable service de sauvetage en mer soit prise aux Îles Féroé. La catastrophe déterminante arriva en 1957 quand le chalutier islandais « Goðanes » heurta un écueil près de l’entrée du port de Skálafjørð sur l’île d’Eysturoy. Notre communauté mobilisa toutes ses forces pour sauver le navire et son équipage mais nous n’étions pas du tout armés pour une pareille situation. Le capitaine du « Goðanes » périt en mer. Après cet accident, la société de sauvetage en mer islandaise, « Slýsavarnafelag Íslands », offrit aux Féroïens l’équipement nécessaire pour secourir en mer les navires en danger. Par effet boule de neige, cela entraîna la création d’associations de sauvetage partout aux Îles Féroé. Ces associations étaient bien équipées et ont réalisé des actions mémorables.
Il fallut attendre encore un peu avant que les Îles Féroé ne soient dotées de structures officielles. Ce fut en 1976 avec la création du Service d’inspection de la pêche. En plus des inspections en mer, sa mission est de participer aux recherches et aux sauvetages maritimes avec le MRCC, « Maritime Rescue Coordination Center ». Le Service d’inspection de la pêche coopère également avec une importante compagnie d’assurance locale, notamment lors de l’utilisation de remorquage et d’hommes-grenouilles.
Le Service d’inspection de la pêche contrôle, en collaboration avec l’Autorité maritime, les conditions de travail à bord. Le Service d’inspection de la pêche vérifie les documents sur la composition de l’équipage du navire pendant que les bateaux sont partis en pêche. Elle est même autorisée à rappeler les navires à port s’il s’avère que les règles en vigueur ne sont pas respectées. Le MRCC travaille également avec la station « Tórshavn Radio », les deux étant régis par le Ministère de la pêche.
C’est le MRCC Tórshavn qui met en œuvre et coordonne les recherches et les sauvetages en eaux féroïennes. Le terme anglais communément utilisé est celui de SAR, Search and Rescue, recherche et sauvetage. Des accords d’aide ont été conclus avec des partenaires très divers, comme Atlantic Helicopters, le commandement des Îles Féroé, le Service d’inspection de la pêche et avec nos pays voisins en cas d’urgences.
Le MRCC Tórshavn est la structure qui reçoit les alertes de pollution au pétrole dans nos eaux territoriales et les demandes d’organisation de transport de malades par hélicoptère. Il s’occupe également de la transmission d’alertes de terrorisme contre des navires féroïens (ISPS) et de l’élaboration et de la publication des avertissements de navigation.
Le MRCC couvre une zone de 200 miles marins depuis la côte ou jusqu’à la frontière avec nos pays voisin. La station travaille 24h/24 et 365 jours par an.
Pour plus de sécurité, la loi stipule que toute personne qui prend la mer doit suivre un stage de sécurité en mer. L’équipage est ainsi bien préparé aux pires situations et les navires modernes sont mieux équipés au niveau sécurité. La vie à bord est donc plus sûre de nos jours que dans le passé.
Travailler à bord d’un bateau est donc devenu un métier plus sûr. Il est rare que la mort en soit la conséquence. Mais il faut savoir que la sécurité absolue n’existe pas et que si une situation dangereuse devait se produire, tout serait mis en œuvre pour ne pas perdre une seule vie humaine.
Óli Jacobsen