Animaux de l'epoque des Vikings
No. de produit: PPA020212 Date d'émission:

Animaux de l'epoque des Vikings. Date d'émission: 20.02.2012. Valeur: 13,00 et 21,0 kr. Numéros: FO 729-30

Format, timbre: 40 x 22,5 et 22,5 x 40 mm. Disposition: Astrid Andreassen. Technique d'impression: offset

Imprimerie: Cartor Security Printing, France. Usage postal:  petites lettres autres paises 0-50 gr.  et grandes lettres aux Iles Féroe 101 - 250 gr.   

Le grand pingouin
Latin: Pinguinus impennis
Le grand pingouin appartient à la famille des Alcidés, comme le guillemot, le mergule, le petit pingouin et le macareux. Comme tous ces oiseux, le grand pingouin, aujourd’hui éteint, vivait dans l’Atlantique Nord. Il était le plus grand de tous, pouvant atteindre 70 cm de haut. Comme les autres alcidés, il avait le ventre clair ou blanchâtre et le dos sombre ou noir, mais il portait en outre une tache blanche caractéristique de chaque côté de la tête entre l’œil et la base du bec.
Le grand pingouin vivait en grandes colonies le long des côtes des deux côtés de l’Atlantique Nord, et même assez loin vers le sud, et on en trouve des restes dans les amas de débris de cuisine depuis l’âge de pierre et jusqu’à l’époque des Vikings.
Avec ses ailes aussi petites que celles des manchots de l’Atlantique Sud, le grand pingouin était incapable de voler. Autant il était agile en mer, où il chassait le poisson, autant il était maladroit sur terre. Et c’est ce qui décida son sort, car les oiseaux se laissaient facilement rassembler et abattre. Dès le XVe siècle, le grand pingouin avait pratiquement disparu en Europe du Nord mais il restait de grandes colonies au Groenland, en Islande, en Terre-Neuve, sur l’île de Baffin et au Labrador. Avec le développement de la pêche à la morue et de la chasse à la baleine, le destin du grand pingouin était scellé. Les navires n’emmenaient des vivres que pour le voyage aller, et les grands pingouins furent emmenés vivants à bord ou abattus pour servir de provisions pour le retour.
La colonie la plus connue était celle de l’île Penguin (aujourd’hui île Funk) située au Nord-Est de Terre-Neuve. Les derniers spécimens y furent abattus en 1801-1802. À ce moment-là on s’était rendu compte que le grand pingouin était devenu rare, et tous les musées européens étaient prêts à payer des sommes colossales dans leur course à l’acquisition d’une peau de grand pingouin à faire empailler. Les derniers furent tués en 1844 sur la petite île d’Eldey au Sud de Reykjanes en Islande, mais des observations non-confirmées de grands pingouins ont été rapportées en 1848 à Vardø en Norvège et plusieurs fois dans les années 1850 au Groenland. Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, l’animal est bel et bien éteint.
Aux Îles Féroé, le grand pingouin était un visiteur estival fréquent, mais rien n’indique qu’il s’y reproduisait. Le dernier fut tué près de Stóra Dímun le 1er juillet 1808.
Il existe encore quelques rares grands pingouins empaillés. L’Islande en avait notamment acheté un exemplaire qui se trouve aujourd’hui au Musée d’Histoire Naturelle d’Islande. Au Musée Zoologique de Copenhague, il servait longtemps de logo. Pour son musée « Wormiamum », Ole Worm (1588 - 1654) se fit envoyer à Copenhague un grand pingouin vivant. Sur le logo du musée, celui-ci est représenté avec un anneau autour du cou que l’on pense servait pour l’attacher.
Le grand pingouin est un bon exemple qui montre que l’extinction d’un animal est principalement la conséquence d’un manque de connaissance de l’étendue de son habitat. On ne peut pas faire de reproches aux pêcheurs de l’époque, car ils ne disposaient pas de nos moyens de communications modernes. Mais les musées auraient peut-être pu mettre en œuvre une opération de sauvetage au lieu d’asséner au grand pingouin le coup de grâce.
 
Dímunseyðini
Latin : Ovis aries
 
Les moutons de Dímun
Au cours de l’été 1844, le prince héritier du Danemark, le futur roi Frederik VII, se rendit aux Îles Féroé. Dans son entourage se trouvait Japetus Steenstrup, un jeune zoologue envoyé par le Musée Royal d’Histoire Naturelle de Copenhague pour collecter des spécimens d’histoire naturelle. Dans le journal des acquisitions du Musée Zoologique, on peut lire à la date du 23 août 1844 :
« S.A.R. le Prince Héritier a offert au musée par l’intermédiaire de M. Steenstrup, Maître de Conférence, les spécimens suivants :
1.    Le squelette d’un Delphinus globiceps long de 18 pieds. (Globicéphale)
2.    La variété sauvage de mouton féroïen ♂. Les poils manquent à la base des cornes et autour des oreilles. Le crâne est fourni séparément.
3.    Idem ♀ adulte. Bien conservé. Crâne fourni séparément.
4.    Idem ♂ juvénile. Agneau mâle. Bien conservé. Crâne fourni séparément. »
En 1983, les trois moutons sont revenus aux Îles Féroé dans le cadre de l’ouverture de la Maison du Nord, et on peut aujourd’hui les voir au Musée d’Histoire des Îles Féroé.
Ces petits moutons noirs rappellent les moutons de Soay un peu plus primitifs qui vivent à l’état sauvage dans l’île de St. Kilda au large des Hébrides extérieures. Ce sont ce que l’on appelle des moutons à cornes de chèvres, où les deux sexes portent des cornes, celles des brebis étant toutefois plus petites et plus fines que celles des béliers. Les moutons de Dímun ont subi un certain élevage par rapport aux moutons de Soay qui ont gardé le ventre clair des moutons sauvages. On a retrouvé dans des fouilles datant de l’âge de bronze des vêtements faits en laine du même type et de la même structure que celle des moutons de Dímun, qui faisaient donc déjà l’objet d’un élevage à cette époque.
Les trois moutons de Stóra Dímun étaient parmi les derniers moutons originels des Îles Féroé, qui étaient peut-être les moutons des Vikings. Dans une fouille à Eiði sur la pointe nord d’Eysturoy, on a mis au jour la moitié d’un crâne issu de la même espèce de moutons. Les Vikings ont emmené leurs propres moutons en Islande et au Groenland, et donc probablement aussi aux Îles Féroé. Autour de l’an 1600, les îles Féroé ont été frappées par la fièvre charbonneuse qui a exterminé presque tous les moutons. De nouveaux moutons originaires des îles Shetland et d’Islande ont été introduits, mais les petits moutons noirs ont dû survivre dans Lítlu Dímun, d’où ils ont été définitivement éradiqués autour de 1860.
Il existe une description de l’abattage des derniers moutons de Lítlu Dímun. Dans le journal « Nationaltidende » du 5 février 1911, le Conseiller de justice M. R. Müller écrit : « Ceux qui restaient étaient si sauvages qu’ils préféraient se jeter dans le vide plutôt que de se laisser capturer, et certains vieux béliers et brebis était complètement inapprochables. Il fallait donc avoir recours au fusil, et les derniers furent abattus. Le négociant, feu M. J. Mortensen, le fondateur de la plus grande maison de commerce des Îles Féroé, qui était un habile tireur, m’a raconté qu’il avait participé à l’abattage de plusieurs de ces moutons, et qu’en particulier il en avait tué le dernier exemplaire, un vieux bélier qui était tellement farouche que cela lui avait coûté d’énormes effort pour l’avoir à portée de tir ».
Dorethe Block
 
 
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